Archives mensuelles : mars 2018

En résidence en ce moment… Raphaëlle E.

Jeune autrice franco-togolaise, Raphaëlle nous arrive de Berlin pour une résidence d’un mois à la Maison des Artistes où elle se consacre à la fois à des recherches sur une partie de ses origines et l’écriture de son premier roman.

RapahaëlleNée à Paris, Raphaëlle grandit entre différents pays d’Europe de l’Ouest. Elle rentre en France pour des études de Sciences politiques, et ce n’est qu’à l’université de New York (NYU), qu’elle formalise sa pratique de l’écriture et de la littérature en prenant de cours d’écriture créative. Dans ce cadre, elle s’initie notamment à des formats courts (nouvelles) ainsi qu’à la poésie en langue anglaise, ce qui donne notamment lieu à un recueil, Of beds and other battles.

C’est au début de l’année 2017 que germe le projet d’un premier format long. Inspirée par la fluidité du genre de la « creative non-fiction », et par les contextes politiques étasunien et français, Raphaëlle décide d’orienter son écriture davantage vers la narration d’une réalité personnelle, celle du métissage, de la quête d’identité et du rapport entre l’intimité de ces questionnements et leur caractère public et politique – le tout dans une forme romanesque à la fois narrative et argumentative. Elle est en résidence à la Maison des Artistes pour ce projet de roman, intitulé Lettre à Adikou.

« Ce qui m’intéresse, c’est évidemment d’une part la dimension intime, qui se présente comme une enquête, un voyage à la recherche d’une identité. Visuellement, Lettre à Adikou raconte une progression: d’une carte personnelle faite de miroirs, chaque espace géographique me renvoyant une image différente (blanche au Togo, noire aux Etat-Unis…), au façonnage d’une identité à part entière à partir d’interstices. Cette progression n’est pas linéaire. A choisir, elle se présente davantage comme une spirale: les thèmes, questionnements et douleurs y sont récurrents, mais chaque voyage, chaque nouveau contexte, ajoute de la complexité et parfois, de la compréhension, comme une couche s’ajoutant au cercle, le transformant en une spirale.

 

D’autre part, je suis tout aussi intéressée par la valeur publique de ces questionnements. Il m’apparait, au regard des contextes socio-politique français, allemands, étasuniens… actuels, que les thématiques d’afro-descendance, voire au sens large de descendance de l’immigration; de métissage; de néo-colonialisme; de racisme individuel et systémique, sont autant de sujets qui occupent, peut-être de manière croissante, l’espace et le débat public. Partant du constat que l’expérience vécue parle plus puissamment que les théories abstraites, Lettre à Adikou suit mon corps, ma perception de ma peau, de mon physique, les réponses qu’il suscite, à travers des espaces qu’il faut perpétuellement (ré-)apprendre à naviguer… » Raphaëlle E.

 

 
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